À travers son Titre 4 (articles 54 à 59), la Loi n°2025-14 du 02 juillet 2025 définit un cadre légal spécifique à la finance islamique, désormais reconnue comme un levier d’inclusion financière. Elle encadre ces opérations selon les principes de la Charia, notamment l’interdiction du Riba (intérêt) et du Gharar (incertitude excessive), tout en imposant l’adossement des financements à des actifs tangibles ainsi que le partage des profits et des pertes. Elle autorise les institutions de Microfinance d’exercer ces activités en tant qu’entités exclusivement dédiées à la finance islamique, soit par l’ouverture de branches ou de guichets spécialisés au sein d’une structure classique sous réserve de la mise en place de dispositifs internes de conformité.
C’est dans cette dynamique que l’Agence Nationale de Surveillance des Systèmes Financiers Décentralisés (ANSSFD) a organisé dans ses locaux à Cotonou, du 16 au 18 mars puis du 24 au 27 mars 2026, une formation sur les opérations de la finance islamique, coanimée par Oumarou Diallo, expert consultant, et Philippe Dahoui, Directeur Général de l’ANSSFD.
Axée sur les fondements de l’économie islamique, les éléments du droit islamique, l’étude technique des dossiers d’agrément et les procédures d’inspection, cette formation a permis aux superviseurs de mieux comprendre les mécanismes des principaux produits, de s’exercer à l’analyse des dossiers d’agrément à travers des cas pratiques, d’identifier les risques spécifiques liés aux produits participatifs et d’appréhender les exigences de contrôle propres à cette finance éthique. Cette initiative s’inscrit dans une logique d’anticipation et d’encadrement du développement de la finance islamique au Bénin.